TomTom racheté par Bridgestone, Masternaut racheté par Michelin : la télématique est-elle l’avenir du pneu ?


Par Locster le 29/10/2019 | 157 |

On savait déjà que le marché de la télématique était amené à se concentrer à toute vitesse, en raison de la hausse des coûts de développement. Mais jusqu’à présent, les acheteurs étaient surtout des opérateurs télécom (Verizon, Orange, Vodafone…). La grande nouveauté de 2019, c’est l’intérêt soudain des pneumaticiens pour ce secteur.

Rachats et partenariats en série

En début d’année, le numéro un mondial du pneu, Bridgestone, a déboursé près de 910 millions d’euros pour racheter TomTom Telematics, qui équipe 860.000 véhicules. En mai, le groupe français Michelin (numéro deux mondial) s’est offert Masternaut, qui revendique la gestion de 220.000 véhicules.

Par ailleurs, Goodyear s’est associé à Tesloop pour s’orienter vers les véhicules autonomes. Et Continental a développé avec Hewlett Packard une plate-forme d’échange de datas entre constructeurs automobiles, à base de blockchain.

Pourquoi un tel engouement ?

Mais pourquoi les industriels du pneu s’intéressent-ils subitement à la télématique ? Pour une société comme Michelin, il ne s’agit vraisemblablement pas d’une opération de croissance externe : en effet, le chiffre d’affaires de Masternaut ne représente que… 0,5% de celui de Michelin !

L’explication est plus à rechercher dans la volonté des pneumaticiens d’augmenter la “valeur d’usage” des pneus en développant le pneu connecté. Michelin a notamment mis au point les services iCheck et iManage, qui permettent de faciliter le contrôle de la pression et la maintenance des pneus. Plus innovant encore, son dispositif Track Connect permet aux conducteurs de voitures de sport de récupérer en temps réel les pressions et températures des pneus de leur bolide pour ajuster les paramètres de performance.

Cette course à l’augmentation de la valeur d’usage du pneu est essentielle pour l’avenir des grands industriels historiques – car ils ne peuvent pas lutter contre les prix bas des pneus chinois. Les pneumaticiens européens, japonais et américains subissent une pression croissante, comme le montrent la fermeture prochaine de l’usine allemande de Michelin à Bamberg, la décision de Continental de supprimer 20.000 emplois ou encore la suppression du recours aux intérimaires dans l’usine Bridgestone de Béthune. Concevoir des pneus de plus en plus intelligents, voilà peut-être le seul moyen pour eux de sauvegarder un leadership sérieusement menacé.

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